Il y a différentes raisons qui peuvent conduire à prolifération pathologique du microbiote dans l’intestin grêle. J’essaie ici de les résumer :

Causes anatomiques :

  • Altérations de la valve iléo-caecale ou de la valve de Bauhin. Lorsque la « porte » qui sépare le gros intestin du petit reste ouverte (syndrome de la valve iléo-caecale ouverte), un SIBO est plus susceptible d’apparaître. Cette altération a plusieurs causes possibles :
      • Chirurgies intestinales.
      • Syndrome de l’intestin court qui survient en l’absence de cette valve.
      • Maladies inflammatoires de l’intestin (Crohn, iléite…) affectant la valve de Bauhin.
      • Stress.
  • Syndrome de la poignée aveugle. Dans quelle partie de l’intestin grêle forme un sac ou une anse dans lequel la nourriture stagne étant un environnement idéal pour la prolifération du microbiote. Il peut être produit par :
      • Chirurgies abdominales (bypass gastrique, gastrectomie…).
      • Adhérences intestinales.
      • Radiothérapie abdominale.
      • Présence de fistules.
      • Diverticulose.
      • Etc.
  • Autres

Carence en acide gastrique, bile et/ou enzymes digestives.

Ceux-ci ont des propriétés bactériostatiques, empêchant les bactéries du côlon d’atteindre l’estomac et l’intestin. Lorsque leur quantité est diminuée, le microbiote est plus susceptible de coloniser ces portions du tube digestif. Qu’est-ce qui peut causer ces déficits ?

Conditions qui provoquent une diminution ou une absence d’acide chlorhydrique dans l’estomac (hyperchlorhydrie / chlorhydrate) :

  • Âge plus avancé.
  • Consommation de médicaments inhibiteurs de la pompe à protons ou d’antagonistes des récepteurs d’hydrogène, mal appelés protecteurs gastriques ou antiacides, qui sont couramment utilisés pour traiter l’acidité produite par le reflux gastro-œsophagien. Des exemples de ces médicaments sont l’homéoprazole ou la ranitidine.
  • Gastrite atrophique chronique (secondaire à une infection à Helicobacter pylori ou à une cause auto-immune).
  • Anémie pernicieuse.
  • Traitement de radiothérapie.
  • Pontage gastrique.
  • Etc

Conditions qui provoquent une diminution de la bile (cholestase) :

  • Cholédocholithiase (calculs dans la vésicule biliaire qui obstruent le flux des acides biliaires).
  • Cholangite (inflammation des voies biliaires).
  • Kyste du cholédoque.
  • Pancréatite.
  • Tumeur dans la tête du pancréas ou des voies biliaires.
  • Utilisation de certains médicaments.
  • SIDA.
  • Cirrhose biliaire.
  • Hépatite toxique, virale ou auto-immune.
  • La maladie de Carole.
  • La maladie de Byler.
  • Parasites.
  • Diverticule duodénal.
  • Etc

Conditions qui conduisent à un déficit en enzymes digestives (lipases, peptidases, amylases) :

  • Âge plus avancé.
  • Altérations des glandes salivaires.
  • Pathologies pancréatiques (pancréatite, obstruction, cancer…)
  • Troubles du foie.
  • La maladie de Crohn.
  • Fibrose kystique.
  • Etc.

Diminution de la motilité intestinale (selles).

Dans des conditions normales, notre intestin a deux types de mouvements :

  1. Ceux liés à la prise alimentaire.
  2. Ceux associés aux périodes de jeûne, connus sous le nom de complexe moteur-migratoire (CMM). Ces mouvements sont activés entre 2 et 4 heures après avoir mangé et sont très importants car leur fonction est de garder la lumière de l’intestin grêle vide et « propre » des bactéries des aliments, réduisant ainsi le risque de prolifération du microbiote.

L’un des symptômes les plus évidents d’une mauvaise motilité est la constipation. Par conséquent, rechercher sa cause et la traiter peut empêcher l’apparition de SIBO.

Il existe plusieurs situations dans lesquelles une plus mauvaise motilité peut survenir :

  • Âge plus avancé.
  • Consommation de certains médicaments ou drogues (anticholinergiques, antidiarrhéiques, opiacés comme la morphine ou la codéine, etc.).
  • Diverses pathologies : Hypothyroïdie, Neuropathie autonome due au diabète, Parkinson, Sclérodermie, Entérite radique, Polymyosite, Amylose, Sclérose en plaques, Maladie coeliaque, Maladie intestinale inflammatoire (Crohn, Colite ulcéreuse), Syndrome de l’intestin court, Obésité, etc.
  • Manque d’activité physique : âge avancé, prise de poids importante (obésité morbide ou extrême), personnes alitées, personnes hémiplégiques/paraplégiques, personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique et/ou de fibromyalgie qui ont de grandes difficultés à bouger, etc.
  • Certains comportements alimentaires : régime pauvre en fibres, chewing-gum ou consommation de stévia.

Pathologies auto-immunes :

Sclérodermie, diabète de type 1, rectocolite hémorragique, maladie de Crohn, maladie cœliaque, hypothyroïdie auto-immune (hypothyroïdie de Hashimoto, maladie sévère, thyroïdite atrophique…), polyarthrite rhumatoïde, etc.